Jacky Rigaux est un psychologue, universitaire chargé de formation continue à l’université de Bourgogne, et écrivain français. Il est Ingénieur de Formation et de Recherche à l’Université de Bourgogne à Dijon.
Jacky Rigaux est responsable du Secteur « Vigne, Vin, Terroirs » et du Secteur « Médico-Psycho-Social » en Formation Continue, deux secteurs d’activité de formation et de recherche, en Psychanalyse et en Connaissance des Terroirs et Dégustation. Ses recherches sur la vigne, le vin et le terroir s’organisent autour de la thématique du terroir et de la dégustation, dans une perspective historique et épistémologique. Son approche se veut multi-référentielle. Il organise de nombreuses rencontres sur le terrain, avec les vignerons pour des dégustations thématiques en compagnie de ceux qui produisent les vins (par exemple Chambertin, Montrachet, Blancs de la Côte de Nuits…)
Jacky Rigaux organise chaque année Les Rencontres Internationales Henri Jayer, Vignerons, Gourmets et Terroirs du Monde , qui se déroulent en janvier ou début février, au Château de Gilly-les-Cîteaux, haut lieu de la viticulture cistercienne. 30 à 40 vignerons, passionnés par la philosophie du terroir y participent. Ces rencontres ont donné lieu à un livre « Le Terroir et le Vigneron » en 2006. Chaque année un thème différent est abordé (Le terroir et l’élevage en fût ; La vigne franc de pied a-t-elle un avenir ; la question du soufre ; le bouchon en questions ; le verre et le terroir…). Des articles en ressortent dans certaines revues, comme le Rouge et le Blanc ou Vinifera. (Les participants à ces Rencontres interviennent dans les Diplômes d’Université « Vin et Culture » et « Pratique de la dégustation par la connaissance des terroirs ». (source JR et Wikipédia)
Note d’intention pour son intervention le 10 novembre
« Le cépage est le prénom du vin, son nom de famille est le terroir ! » Cette belle formule, lancée par Léonard Humbrecht, un des plus célèbres vignerons d’Alsace, rappelle fort à propos qu’un vin n’aura jamais de notoriété si son terroir de naissance ne lui a pas déjà offert une identité. Cette conviction avait cours sans contestation jusqu’à l’arrivée des vins techniques, de cépage et de marque, propulsés sur le devant de la scène par un puissant marketing qui accompagna d’emblée ce « nouveau vin industriel » produit dans le « Nouveau Monde ». Avec cette nouvelle voie, c’est à la marque de conquérir la notoriété !
D’un côté les vins techniques de cépages et de marques, promus et valorisés par un puissant marketing, de l’autre les vins de terroirs, forts de leurs 450 Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) avec en leur sein des sous-catégories, chacune assurant sa propre promotion ! Tandis que trois compagnies australiennes dominent 80 % de leur marché du vin, le vignoble de Bordeaux à lui tout seul compte 20 000 producteurs différents… La lisibilité du cépage est immédiate avec les vins de la première catégorie, alors qu’il faut de nombreuses années d’apprentissage à l’amateur désireux de distinguer les vins de Gevrey-Chambertin de ceux de Vosne-Romanée…
Dans ce contexte de « Guerre du Vin », magistralement présenté par le BusinessWeek, (« Wine War, How American and Australian wines are stomping the French », in BusinessWeek, European Edition / September 3, 2001), il est clair que les « vins de lieu » ne doivent pas baisser la garde pour que la dégustation reste un plaisir en les appréciant dans leur diversité enchanteresse. Faire retour à la dégustation géo-sensorielle, en l’enrichissant du meilleur des connaissances d’aujourd’hui, participe à la défense de la culture face à la logique de la production-consommation, fossoyeuse des terroirs et de la culture et génératrice de produits de plus en plus banalisés, les mêmes sur toute la planète, ces vins techniques, de cépage et de marque.
Affirmer haut et fort que le terroir marque le vin de son empreinte indélébile exige de la part du vigneron un retour aux bonnes pratiques afin que le raisin arrive naturellement à sa maturité physiologique optimale. Ne peut avoir statut de terroir qu’un lieu où la vigne est capable d’amener naturellement son raisin à cette maturité. Le vigneron peut alors, par la dégustation géo-sensorielle, faire accéder ses vins à la notoriété. Que l’on soit en Alsace, en Bourgogne, en Loire ou en Vallée du Rhône, chaque lieu identifié depuis fort longtemps pour sa capacité à produire un vin original, pourra accéder à une notoriété plus ou moins importante. Les Grands Crus de Bourgogne y sont parvenus depuis fort longtemps, mais certains d’entre eux sont plus célèbres que d’autres, Romanée-Conti et Chambertin pour les rouges, Montrachet et Corton-Charlemagne pour les blancs…
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